5h30. Le réveil sonne. Pas le mien, celui de ma voisine. On partage un mur et elle, ses goûts musicaux matinaux. Aujourd’hui, c’est du rap à fond les ballons. Je me lève, pas vraiment d’un bon pied mais avec une motivation feinte, celle qu’on s’invente quand on sait qu’on a pas le choix. J’enfile mes chaussons, ou du moins, je le crois. Car en vérité, un chausson sur deux a mystérieusement disparu, tel un politicien en campagne électorale après les promesses.
Le Café, cet Ami Traître
Je m’accroche à l’idée du café pour sauver cette matinée mal engagée. Mais le café, c’est comme un partenaire de danse imprévisible, il vous fait souvent faux bond à la dernière minute. Ce matin, il décide de se répandre sur le sol de la cuisine, juste entre le frigo et la litière du chat. La belle affaire. Je sors la serpillère, et dans ma tête, je me dis que c’est de bon augure pour la journée. Ou pas.
La Chasse aux Clés
7h30. Je suis prêt à partir, enfin presque. Les clés. Elles ont disparu, comme par magie. Je les cherche partout, même dans des endroits improbables. Le frigo. Le four. Même dans le pot de la plante verte qui a rendu l’âme il y a trois mois mais que je garde par pur optimisme. Rien à faire, elles sont aux abonnés absents. Je décide de m’asseoir, de respirer, de méditer sur l’injustice de la vie. Puis, comme par miracle, elles réapparaissent sous le canapé, là où je ne les aurais jamais mises. La loi de Murphy, encore et toujours.
8h00. Je file enfin dehors, l’humeur oscillant entre le gris clair et le gris foncé. Un peu comme le ciel, menaçant mais pas encore décidé à pleurer. Ce matin, c’est un peu comme une pièce de théâtre absurde, où les acteurs ont oublié leur texte mais continuent de jouer. Finalement, je souris. Après tout, des matins comme ça, c’est ça la vie, non ?