Ce soir-là, en rentrant chez moi, j’ai découvert que 150 millions de moustiques avaient décidé de faire de ma terrasse leur club privé. En Provence, on dit que les moustiques sont plus fidèles que les cigales. Et ce soir, ils avaient ramené toute la famille.
La danse des moustiques
Assis sur ma terrasse, je me suis dit que c’était peut-être l’occasion de tester mes talents de ninja. C’est bien connu, à Venelles, on a tous un peu de Bruce Lee en nous. « Tu crois qu’ils nous laisseront tranquilles un jour ? », demande ma voisine, désespérée. La lumière douce du crépuscule ne faisait qu’accentuer la valse de ces satanés insectes.
Je me suis alors souvenu de ce vieux remède de grand-mère : l’ail. En Provence, on dit que l’ail éloigne tout, sauf les vampires provençaux, bien sûr. Dans un élan de désespoir, j’ai frotté mes bras avec des gousses d’ail. Le résultat ? J’avais faim et les moustiques aussi, visiblement insensibles à mes efforts culinaires.
Les rires sous les étoiles
Nous avons fini par accepter notre sort, un peu comme on accepte qu’il pleuve le jour du marché. « Au moins, ça fait des souvenirs », a-t-elle ajouté avec un sourire. Et c’est vrai. Ces petites bêtes avaient transformé notre soirée en un moment de partage inattendu. Les rires fusaient, les piqûres aussi, mais qu’importe. Sous le ciel étoilé, nous étions tous un peu plus vivants.
C’est peut-être ça, la magie de Venelles. Même les nuisances deviennent une excuse pour se rapprocher. À la fin de la soirée, les moustiques avaient vaincu, mais nous étions les vrais gagnants. Car dans le fond, ce sont ces moments-là qui gravent des souvenirs indélébiles dans nos mémoires.
En rentrant chez moi, je n’ai pas pu m’empêcher de rire. La prochaine fois, je sortirai l’artillerie lourde : la citronnelle. Mais ce soir-là, les moustiques avaient gagné la bataille, mais pas la guerre. En fermant la porte, j’ai jeté un dernier regard à la terrasse vide. Il est certain que demain, ils seront de retour, fidèles au poste.